17 décembre 2006

ISRAËL-PALESTINE – LE DERNIER RÊVE D'ABRAHAM

Dans un petit village au sud de Jérusalem, sous une tente, le patriarche de la tribu se meurt.
Abraham est entouré de ses deux fils, nés de ses épouses, Sarah et Hajar. L'une était juive et l'autre égyptienne. Abraham, dans un dernier souffle, veut qu'ils se réconcilient. Depuis des années, une vieille rancœur les divise. Ismaël est l'aîné, et ,à ce titre, prétend devoir hériter prioritairement de son père. Il a quatorze ans de plus que son demi-frère. Isaac est le fils de la première épouse, juive. En tant que tel, il estime être le seul à pouvoir diriger la tribu.
Abraham leur lègue deux pays. Israël, la terre promise par Dieu, sera celui d'Isaac. Ismaël règnera sur tous les autres territoires, à l'est d'Israël, pour y faire paître ses troupeaux. Les frères réconciliés enterrent donc leur père auprès de sa femme Sarah, dans le caveau qu'il avait acquis en Palestine, dans le petit village d'Hébron. Ensuite, chacun repart vers son destin. Ils donnent naissance à deux peuples frères. Les Juifs et les Arabes sont nés. 3 830 ans plus tard, la dispute continue.

 

Tout le monde n'est pas obligé de croire en Dieu. Trois peuples ont réinterprété à leur façon cette histoire commune. Les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans se sont disputés pendant des siècles pour déterminer lequel d'entre eux détenait "La Vérité". Ces combats ont fait des millions de morts, depuis le martyr des premiers chrétiens jusqu'à la Shoah, en passant par les Croisades. Aujourd'hui encore, le conflit israélo-palestinien entraîne d'interminables tueries. Intifada, attentats-suicides, représailles, assassinats… Les morts succèdent aux morts, sans fin. Certains prennent ce prétexte pour mener des guerres saintes, d'autres refusent d'admettre la présence de différents peuples sur une même terre. Mais quand tout cela finira-t-il ? Afin de tenter de trouver des solutions, reposons d'abord quelques bases historiques.

L'opposition "raciale" entre Juifs et Arabes
Tous deux sont des peuples sémitiques. Leurs langues sont toutes deux issues d'une même racine. Celle-ci a donné naissance à diverses branches, dont les langues mésopotamiennes (Irak actuel) à l'est, et les langues phéniciennes à l'ouest (araméen, arabe, hébreu, syriaque, maltais…).
Il faut concevoir que toute cette région a été envahie, dominée, dépecée, découpée durant des millénaires par les différents empires régionaux. Au fil de cette histoire perturbée, les villes sont devenues des états. Chaque état a développé son propre système et sa langue s'est distinguée des autres, au même titre que le latin a donné l'italien, l'espagnol, le français ou le roumain. Il est donc totalement absurde de vouloir opposer une "race juive" à une "race arabe". Cette région, de la Syrie à l'Arabie, en passant par Israël, la Palestine et la Jordanie, est le berceau de l'humanité dans ce qu'elle a de plus noble. L'invention des sciences, de l'écriture et des lois. Loi divine pour les uns, droit séculier pour les autres, ces textes constituent les bases de l'ensemble de nos civilisations.

La présence juive en Palestine
Deux thèses s'opposent, qui ont des sources relativement récentes. La Palestine est, dans la Bible, le pays des Philistins. Celui-ci recouvrait approximativement l'actuelle bande de Gaza. Ce sont les Romains qui ont étendu ce terme à l'ensemble des territoires situés entre la Méditerranée et le Jourdain. Elle incluait également la Syrie. Chez les Grecs, on l'appelait la "Syrie juive", avant de l'appeler "Syrie Palestine".
Les Juifs se sont révoltés contre l'occupant romain durant un siècle, afin de préserver leur religion. Ce mouvement aboutit à leur dispersion en 135 après J.C.
L'exode est devenu le ferment de l'identité juive à travers le temps. Mais un foyer juif a persisté en Palestine, jusqu'à nos jours. La christianisation byzantine a transformé la Palestine en Terre Sainte dès le 4ème siècle. Ce sont des moines chrétiens qui ont converti les peuples bédouins de la péninsule durant les deux siècles suivants.
Ce mouvement s'est converti en islamisation au 7ème siècle, finissant de convertir la majorité de la population. A la fin des Croisades, et sous l'empire ottoman, la région devient définitivement multi-culturelle. Juifs, Chrétiens et Arabes cohabitent pacifiquement pendant des siècles dans tous les territoires sous contrôle turc, d'Istanbul au Caire, sous domination musulmane.
Au 19ème siècle, le territoire de la Palestine est peu occupé (environ 50 habitants au km²), par une population très majoritairement arabe (chrétienne et musulmane). Environ 25.000 Juifs y vivent encore. Les grands pogroms russes, en 1880, provoquent les premières immigrations juives vers la Palestine. Grâce à l'appui financier des grandes fortunes juives internationales, les premiers colons peuvent acheter des terres cultivables. Ils fondent Tel-Aviv, qui était un kibboutz, puis un ensemble de villages sur les côtes.
La Palestine est toujours sous l'autorité de l'empire ottoman, qui voit l'immigration juive comme une aubaine du point de vue financier et technique. Les Juifs apportent des compétences utiles, permettant la modernisation rapide du pays.
Après la guerre de 14-18, les souverains hachémites, chérif de la Mecque et descendants directs du prophète (et donc d'Ismaël), créent le royaume de Jordanie, sous contrôle anglais. Ils sont favorables à l'arrivée massive d'immigrants juifs. Ils accordent un territoire correspondant à l'actuel état d'Israël, incluant la Cisjordanie. En contrepartie, Fayçal de Jordanie doit devenir roi de d'Arabie (le Hedjaz), de Syrie et d'Irak. Malheureusement, les Hachémites sont chassés d'Arabie par les Saoudiens en 1932 et d'Irak par un coup d'état en 1958.

La population juive en Palestine a continuellement augmenté, de 1918 à 1948.
Cette venue régulière, pendant trente ans, d'immigrants juifs, s'est faite généralement dans l'indifférence. Quelques crises ont éclaté sporadiquement au cours des années '20, cherchant à limiter la vente de terres aux colons juifs. Celles-ci ont amené les Juifs à créer une milice clandestine, la Haganah, qui leur a fourni une organisation de défense solide.
De 1935 à 1939, une Jihad est lancée par le cheikh
Izz al-Din al-Qassam, qui désire créer un état islamiste en Palestine. Le début de révolte est mené par un très petit groupe d'hommes (environ 800) et s'achève par la mort du prédicateur. Celle-ci est suivie par une grève générale, durant six mois. Les Palestiniens revendiquent le droit de créer une assemblée législative, ce que les Anglais leur refusent.
La Haganah ayant collaboré avec les Britanniques pour lutter contre l'insurrection palestinienne, les Juifs obtiennent un traitement plus favorable. Ceci n'empêche pas les Anglais de réprimer durement les mouvements indépendantistes juifs, comme l'Irgoun et le groupe Stern.
En 1937, un premier plan de partition est négocié entre Juifs et Arabes, qui aurait accordé 85% du territoire au souverain jordanien, laissant 15% pour la création d'Israël. Celui-ci échoue finalement, ne contentant personne.
A l'issue de la guerre, le nombre de Juifs atteint environ 560 000 habitants, soit un tiers de la population totale de la région. La densité de population est passée à 90 habitants au km², principalement sur de nouvelles terres "colonisées" et mises en valeur grâce aux kibboutzim. Ils occupent entre vingt et trente pourcents du territoire.

L'immigration est nettement plus importante après la deuxième guerre mondiale et, surtout, après la proclamation d'indépendance suite à la partition de la Palestine, en 1948.
Ce plan de partition est massivement rejeté par les Arabes, qui lancent une guerre totale contre les Israéliens. Le sort des armes leur est, une nouvelle fois, défavorable, notamment grâce à l'action de la Haganah, devenue l'Irgoun.
Contrairement à une opinion généralement répandue dans les milieux favorables aux nationalistes arabes, Israël n'a pas remporté cette victoire grâce à l'aide occidentale. Isolés et subissant un blocus militaire strict, ils ont réussi en ne comptant que sur leurs propres forces et grâce à une organisation implacable.
La conclusion de la guerre est dramatique pour les Palestiniens. La plus grande partie quitte le pays, volontairement ou non. Le maintien de la Cisjordanie et de la bande de Gaza hors de l'état d'Israël permet de maintenir la majorité de la population arabe dans un territoire circonscrit. Israël peut désormais se renforcer dans un état "homogène".

Toutes les guerres suivantes, jusqu'à la guerre du Liban, en 1981, ont été successivement remportées par Israël et ont amené son renforcement territorial.
La colonisation a amené 2,8 millions de personnes supplémentaires entre 1948 et nos jours, portant la population juive à 5,3 millions aujourd'hui.
Les Arabes palestiniens vivent majoritairement dans les territoires occupés (ou autonomes), soit 3,7 millions d'habitants. Un grand nombre de Palestiniens vivent également en Jordanie (2,6 millions) et en Israël (1,2 millions). Le reste de la population palestinienne est exilée dans les pays de la région, du golf persique ou du continent américain (environ 800.000 habitants). Le problème de la répartition de la population sur ce territoire reste le problème majeur dans ce conflit.

Le droit à la défense d'Israël
Le cycle de violences a été entamé en 1935 et il n'a guère connu de répit depuis. Les peuples environnants ont soutenu, hébergé et parfois combattu, la résistance palestinienne. D'autres opérations militaires d'envergure ont été entreprises contre Israël par les pays arabes de la région, qui ont toutes échoué.
Apparemment, seuls les Israéliens sont capables de se battre eux-mêmes. L'invasion du Liban en 1982, au cours de l'opération "Paix en Galilée", a marqué le premier faux pas d'Israël, alors que la paix avec l'Egypte était le seul pas tangible vers une pacification de la région. La guerre des Six Jours (1966) et la guerre du Kippour (1973) étaient des conflits de protection contre une agression concertée des pays arabes. Le Liban a représenté, par deux fois, une erreur stratégique et une faute politique de la part d'Israël. En-dehors de l'aspect militaire, ces actions offensives ont surtout été des erreurs politiques majeures. La prédominance des militaires au sein des gouvernements israéliens – quatre premiers ministres de 1948 à nos jours (Ygal Allon, Yitzhak Rabin, Ehud Barak, Ariel Sharon) – a abouti à un constat d'échec.
L'armée ne peut pas résoudre tous les problèmes de la société israélienne. De même que la force ne représente pas la seule solution à cette situation. Les accords d'Oslo ont prouvé qu'une solution diplomatique était possible. L'échec des négociations de Taba, entre Ehoud Barak et Yasser Arafat a malheureusement marqué la fin de ce timide espoir.
Le nombre de victimes palestiniennes, entre octobre 2000 et novembre 2006, s'élève à 29.956 personnes, dont 4.388 morts (source Croix Rouge Palestinienne).
Le nombre de victimes israéliennes durant la même période s'élève à 8.717 personnes, dont 1.084 tuées. Ce nombre a été considérablement réduit grâce à l'efficacité de la prévention des attentats. Une attaque sur quatre seulement parvenant à atteindre son but. Si rien n'avait été fait, 35.000 Israéliens auraient été victimes de ces actions, dont 4.500 auraient trouvé la mort.
Dans cette guerre fratricide, cette lutte "œil pour œil, dent pour dent" arrive à un échec immense des deux côtés de la "ligne verte".
Plus de 8.000 maisons palestiniennes ont été détruites pour des raisons diverses (construction sans permis, punition contre la participation à des attentats, objectifs militaires…) et 2.000 Palestiniens sont détenus par Israël.
Les médias occidentaux s'émeuvent majoritairement de la situation du point de vue palestinien. Ils n'imaginent que très rarement le danger dans lequel vit la population israélienne.
La première Intifada s'est achevée par les accords d'Oslo, après que 1.491 Palestiniens et 522 Israéliens sont morts entre 1987 et 2000, en presque huit années de lutte.
Voilà six ans que dure cette seconde Intifada, et le nombre de victimes est déjà trois fois plus élevé. Combien faut-il encore de morts avant que les protagonistes de cette guerre se mettent autour d'une table ? Faut-il que cette lutte dure Cent Ans, elle aussi ?

Depuis 70 ans, les Palestiniens ont choisi la voie du terrorisme comme seule solution. Avaient-ils d'autres options ? Malgré tout, on peut critiquer une certaine partie de cette action, ayant entraîné une violence aveugle contre des innocents. Les prises d'otage, les massacres perpétrés durant vingt années par l'OLP, le FPLP et toutes les autres organisations palestiniennes, ont affaibli ces mouvements de libération. Finalement, c'est l'Intifada, menée à l'intérieur du pays, qui est parvenue à la création de l'Autorité Palestinienne. La deuxième Intifada risque de faire éclater celle-ci. La récupération idéologique de ces insurrections populaires par le Hamas a entraîné une nouvelle radicalisation et ces tensions aboutissent même à une guerre civile larvée entre forces palestiniennes.

Médiation
Deux logiques s'affrontent ici. Israël a le droit de protéger sa population. La Palestine a le droit d'exister au sein de frontières sûres et reconnues.
Les choses sont ce qu'elles sont devenues. L'Histoire a ramené sur cette terre un nombre important de Juifs qui vivaient autrefois en Europe, en Afrique ou en Orient. Les pogroms, la Shoah, les émeutes raciales et les persécutions dont ils furent l'objet dans les pays arabes après 1947 les ont amenés, en grande partie, à immigrer en Israël. Rappelons que la présence de communautés juives était attestée au Proche-Orient et en Afrique du Nord durant toute l'Antiquité et le Moyen-Âge, jusqu'au 20ème siècle. Ce mouvement est irréversible et les nationalistes arabo-palestiniens mènent une lutte vouée à l'échec en niant cette réalité.
Cette situation est la conséquence logique de l'éveil des nationalismes au 19ème siècle et des colonisations successives. Lorsque les empires ont disparu, aussi bien en Europe qu'au Proche-Orient, après la première guerre mondiale, toutes les revendications nationales ont éclaté. Ce mouvement historique de morcellement des états est parvenu jusqu'au régionalisme contemporain, niant même l'existence de nations anciennes comme l'Espagne, la France ou l'Italie. La Palestine a-t-elle jamais existé en tant qu'état ? Existe-t-elle en tant que nation ? L'ensemble des peuples de cette région, du nord de la Syrie jusqu'à la mer Rouge, constituait une forme de nation, partageant énormément de points communs, même s'ils conservaient des particularités propres. Ces différences se sont maintenues tout au long de l'Histoire, assurant la continuité de la présence des communautés de Druzes, de Palestiniens, d'Hébreux, d'Alaouites, de Nabatéens, et même des tribus arabes nomades, dans toute la région.
A bien y regarder, ces peuples ont plus de points de ressemblance que de divergence. Et, en premier lieu, la foi en un Dieu unique. Quelles solutions, à présent, pour un avenir pacifique ?

La coexistence pacifique.
Imaginons qu'une nouvelle conférence de la paix, ou des accords secrets entre Palestiniens et Israéliens, permette une paix durable et la création de deux états souverains, aux frontières reconnues et stables. Un seul inconvénient à cette solution : la partition de la Palestine en deux entités sans continuité territoriale. On en reviendra invariablement aux sources du conflit de 1948. Solution de court terme uniquement.

2. Une zone sous contrôle international.
La communauté internationale, sous la pression de la crise pétrolière et pour lutter contre le terrorisme islamiste, pourrait être amenée à vouloir occuper la région et mettre ces territoires sous tutelle pour maintenir la paix. Cette solution, forcément impopulaire et instable, est improbable, ainsi que peu souhaitable.

L'union économique.
On entend régulièrement cette proposition émerger dans le camp des "modérés" des deux bords. Une union douanière et économique, similaire à l'Union Européenne, permettrait d'assurer la survie économique de cet ensemble de pays. Pour parvenir à ce but, il faudrait d'abord que les différents partenaires potentiels parviennent à un minimum de stabilité politique et économique. Si Israël est prêt, selon les standards occidentaux, à participer à un projet de ce genre, comment la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie pourraient-ils y parvenir sans avoir atteint un niveau minimum de démocratie en interne ? Un ensemble viable devrait réunir, à terme, tous les pays de la sous-région, de la Syrie jusqu'au Yémen. La route est encore longue avant d'y parvenir.

Le chaos généralisé.
Les tensions actuelles pourraient amener une guerre plus large, régionale ou mondiale. Le démantèlement de l'Irak, la lutte des Chiites pour atteindre le pouvoir dans la plupart des pays de la région, les enjeux pétroliers, la faiblesse des royautés et des émirats arabes, la puissance montante de l'Iran, sont autant de phénomènes inquiétants, chacun étant facteur de risques. Il n'est pas impossible que le conflit actuel entre Sunnites et Chiites en Irak dégénère et s'étendent à toute la région. L'avenir serait alors décidé par les armes.

L'effondrement des régimes en place.
Un des principaux obstacles à la paix est le financement constant des mouvements terroristes par les puissances financières de la région. Les régimes saoudiens et iraniens, profitant de la manne pétrolière, entretiennent l'instabilité financière pour des questions idéologiques dangereuses. Le but de quelques dirigeants occidentaux (américains et pro-américains) est de décapiter ces régimes, ou de les affaiblir durablement, pour couper les sources de financement de l'islamisme. Certains théoriciens "faucons" de Washington misent sur un retour des Jordaniens au pouvoir dans leurs anciennes possessions grâce à la théorie des dominos. La chute de Saddam Hussein entraînant une démocratisation des différents régimes, on aurait dû chasser les souverains arabes de leur trône pour les remplacer par le pouvoir jordanien, beaucoup plus pro-occidental.
C'est une hypothèse improbable, tant que les régimes arabes et syriens se maintiennent. Le Roi de Jordanie est peut-être, malgré tout, la clé de voûte de toute solution diplomatique.

3.800 ans après la disparition d'Abraham, ses fils continuent à se disputer cette terre. Aucun conflit armé ne parviendra à les départager. Aucune victoire militaire définitive n'est possible, sans entraîner un conflit généralisé. La seule solution réside dans l'arrêt de la violence, la négociation et la diplomatie. Le rôle de nos médias est également de donner une image juste et équilibrée du conflit. Nous devons dénoncer les actes injustes commis par Israël, mais aussi les meurtres sanglants des Palestiniens.

Posté par anima persa à 10:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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